Les données publiques permettent de trouver des informations vitales comme par exemple ce site, initié par le SDIS et le SAMU pour géolocaliser les défibrillateurs du Haut-Rhin :

Capture d’écran d’infogeo68.fr : vue des défibrillateurs installés près de Mulhouse

D’autres données disponibles en ligne sur notre environnement peuvent apparaître moins pragmatiques. C’est le cas notamment de cette initiative britannique qui publie une carte interactive des réseaux d’eau, de télécommunication, d’électricité et de carburant. Pour beaucoup, ces éléments constituent des infrastructures dites critiques.

La directive du Conseil Européen du 8 décembre 2008 définit une infrastructure critique comme étant : un point, système ou partie de celui-ci, situé dans les États membres, qui est indispensable au maintien des fonctions vitales de la société, de la santé, de la sûreté, de la sécurité et du bien-être économique ou social des citoyens, et dont l’arrêt ou la destruction aurait un impact significatif dans un État membre du fait de la défaillance de ces fonctions.

Ces données sont ainsi accessibles à tous de manière aisée. Si elle ne donnent pas d’informations sensibles sur ces installations, elle constituent malheureusement une source précieuse de renseignements exploitables notamment pour des personnes mal-intentionnées désireuses de porter atteinte aux intérêts des citoyens européens.

Au delà de ce risque potentiel, cette cartographie offre la possibilité d’analyser de nombreuses situations. Par exemple, elle permet de comprendre pourquoi la Bretagne, avec seulement 695 MW produits localement, plonge très rapidement dans l’ombre lors des tempêtes hivernales…

Capture d’écran d’openinframap.org : vue du réseau électrique Breton

Mais aussi de visualiser concrètement la dépendance des pays de l’UE au regard de la Russie en observant les pipelines qui traversent l’Europe de l’Est. En 2015, les données d’Eurostat indiquent que sur l’ensemble des importations en énergie des 28 pays de l’UE, 37% du gaz, 29% du pétrole et 29% des combustibles solides sont d’origine russe. Comme le montre le schéma ci-dessous, ces volumes transitent par un nombre restreint d’infrastructures. Cette concentration des moyens de distribution laisse planer une potentielle menace de ralentissement des approvisionnements en cas de coupure du robinet !

Capture d’écran d’openinframap.org : vue du réseau d’oléoducs Européens