# Un contexte sécuritaire et des approches locales différentes au sein des états membres

Le 12 décembre dernier le parlement européen a voté une résolution sur les recommandations de la commission spéciale sur le terrorisme.
Si le document rappelle que la sécurité d’un État membre est la sécurité de tous dans l’Union, il permet également de comprendre que la situation sécuritaire et sa prise en charge diffèrent dans chaque pays de l’UE. A quel point est-ce le cas ?

# Méthodologie :

Cet article a pour objectif d’identifier de grandes tendances entre états en s’appuyant sur la confrontation de données issues de la Banque Mondiale et d’Eurostat : Population, budget des états, PIB , superficie, infractions policière (Homicides et vols).
Les données couvrent la période de 1995 à 2017 et concernent 27 des 28 pays de l’Union (les données utilisées pour la République tchèque n’étant pas accessibles).

# Points d’intérêts :

  • Actuellement, le taux d’homicide des pays de l’UE est proche de 1 pour 100 000 habitants et les dépenses liées à la sécurité d’environ 365 € par européen.
  • Historiquement, on constate que la hausse du budget dédié à la sécurité par habitant (+65% en 20 ans) s’accompagne d’une baisse proportionnelle du taux d’homicide (-69% en 20 ans).

 

  • La Roumanie, la Bulgarie et la Lituanie sont les pays disposant du plus petit budget par habitant (< 150€) alors que le Luxembourg, la Norvège ou les pays Bas disposent en moyenne d’un budget 6 fois plus élevé. L’analyse de la part du budget consacré aux politiques de sécurité au sein des budgets nationaux permet cependant de constater que la Roumanie y consacre une part plus importante que le Luxembourg.

  • Si la dépense moyenne des états est proportionnelle à sa population, quelques écarts existent. La Pologne notamment qui avec une population 13% plus faible que celle de l’Espagne consacre 60% de moins de budget à la sécurité. Le pourcentage de son budget dédié à la sécurité reste cependant légèrement plus élevé que celui de l’Espagne.

 

# Conclusion :
Cette approche simplifiée constate une baisse globale de la criminalité en Europe sur les 20 dernières années. Des disparités fortes existent entre les états de l’Union. La réponse à ces écarts se traduit par une présence plus marquée des budgets nationaux dédié à la sécurité dans les pays à fort tôt de criminalité. Au regard de leurs moyens plus restreints, les habitants de ces pays disposent cependant d’une protection moins marquée de l’état.